La moitié des infarctus du myocarde passent inaperçus

Douleur très vive à la poitrine, sueurs, nausées, essoufflement, étourdissement, voilà quelques un des symptômes « normaux » d’un infarctus. À partir du moment où l’un d’eux se présente, une prise en charge médicale rapide est indispensable pour optimiser les chances de survie de la victime. Une étude publiée dans la revue scientifique Circulation met toutefois en évidence que ses signes ne sont pas automatiques et que près d’un infarctus sur 2 est silencieux. Ici, silencieux ne veut pas dire moins dangereux. En fait, à bien des égards, l’infarctus silencieux est plus dangereux que l’infarctus dit « normal ».

Infarctus : une pathologie à diverses faces

Près d’un infarctus sur 2 ne présente aucun symptôme. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée en Caroline du Nord il y a quelques années. Cette constatation est basée sur le suivi de 9500 personnes sur 20 ans. Parmi celles qui ont eu un infarctus, 386 ont montré les signes habituels de crise cardiaque et 317 n’en ont montré aucun, soit 45 % des participants.

Pourquoi ces chiffres ? Et bien, parce que l’infarctus est une pathologie à diverses faces. Parfois, elle survient sans symptômes. On est alors face à l’infarctus dit « silencieux ». Mais des fois, l’infarctus peut aussi survenir avec des symptômes « atypiques », les médecins parlent alors de douleur projetée.

La douleur va se ressentir dans des endroits inhabituels comme la mâchoire, l’estomac ou encore l’arrière du dos. Son intensité va également varier. Certaines victimes vont souffrir affreusement alors qu’elles traversent un petit infarctus tandis que d’autres ne ressentiront qu’une certaine gêne alors qu’elles subissent un infarctus sévère.

Un plus grand danger ?

Le problème avec ces infarctus « atypiques » est qu’ils font autant de dégâts qu’un infarctus classique. Dans une certaine mesure, cela les rend plus dangereux (même si les infarctus symptomatiques sont de plus grande taille). En effet, puisque les victimes ignorent qu’elles ont eu un problème cardiaque, elles ne peuvent donc pas recevoir la prise en charge adéquate pour en éviter un autre. Or, sans traitement, le risque de mourir d’une maladie cardiovasculaire est multiplié par trois.

L’infarctus, qu’il soit « normal », silencieux ou atypique ne laisse jamais le cœur indemne. Le seul moyen de confirmer à grande probabilité l’existence d’un infarctus est un électrocardiogramme. La question est de déterminer à partir de quel moment le patient doit passer cet examen. Comme solution, certains spécialistes préconisent la sensibilisation du grand public aux facteurs de risques.

Facteurs de risques

Les facteurs de risque de l’infarctus symptomatique et de l’infarctus silencieux sont les mêmes. À partir d’un certain âge (50 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes), le risque de subir un infarctus devient assez élevé. Et ce risque va augmenter ou diminuer en fonction de nombreux facteurs :

  • Les antécédents familiaux : le risque est augmenté chez les personnes dont un parent proche a souffert d’une maladie cardiovasculaire ;
  • Les facteurs modifiables : le risque de subir une maladie cardiovasculaire diminue lorsqu’on arrête de fumer ou de boire et lorsqu’on pratique une activité physique régulière.